4 raisons pour ne pas payer la dette !

Publié le par FATHI CHAMKHI


La décision de payer le service de la dette (4 milliards de dinars en 2012) entraine, au moins 4 effets négatifs, à savoir :

1- S'endetter davantage ! Sankara disait :'Nous ne pouvons pas payer la dette, parce que nous n'avons pas de quoi payer la dette !'. La Tunisie non plus, tout comme le Burkina en 1987, n'a pas de quoi payer la dette ! Mais, qu'à cela ne tienne, le gouvernement issu de la révolution populaire, veut payer quand même. Il doit donc emprunter. Il décide d'emprunter les 4 milliards de dinars ! En se faisant, il se place dans la même logique antidémocratique et antisociale de la dictature.

Pourtant, suspendre le paiement du service de la dette, comme le demande Raid depuis le 14 janvier, aurait pu éviter à la Tunisie de s'endetter davantage, et de mettre en place une autre logique démocratiquement librement choisie pour servir l'intérêt des tunisiennes et des tunisiens.

2-Déficit budgétaire. Les 4 milliards empruntés constituent le fameux déficit budgétaire record (les 6,6% par rapport au PIB)de 2012. Pourtant, l'un des objectifs poursuivis par l'idéologie de d'ajustement capitaliste néolibérale est la maîtrise du déficit budgétaire !

Pourtant, suspendre le paiement du service de la dette, aurait permis à l'Etat d'avoir un budget équilibré. Voire même, disposer d'une marge budgétaire pour ses programmes sociaux.

3-Conditionnalités plus fortes. Reconnaître la dette du dictateur, en décidant de poursuivre son remboursement et d'emprunter davantage, ne constitue pas seulement un acte antinational, antidémocratique, une complicité de fait avec la dictature et la reconnaissance de ses crimes, mais renforce la soumission de la Tunisie aux diktats des puissances impérialistes.

Pourtant, suspendre le paiement du service de la dette aurait permis à la Tunisie de commencer à recouvrir sa souveraineté confisquée, et au gouvernement d'avoir plus de liberté d'action pour orienter son action vers la satisfaction des besoins économiques et sociaux urgents de la  de la société. 

4-Aggravation de la politique d'austérité. La poursuite du paiement de la dette maintient l'Etat dans la logique de l'ajustement structurel et de la mondialisation capitaliste néolibérale et lui impose de rester dans la logique de l'austérité et de la priorité donnée aux intérêts capitalistes étrangers.

Pourtant, suspendre le paiement du service de la dette, aurait permis au gouvernement d'être à l'écoute des aspirations populaires profondes exprimées par la révolution et d'avoir la liberté de choisir la bonne politique et de la mettre en application afin d'avancer vers leur pleine réalisation.

Tunis, 31 mai 2012

Fathi Chamkhi

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