Une lame de fond anti-Frères Musulmans

Publié le par FATHI CHAMKHI

Tunis, le 31 août 2013

Depuis plus d’un mois, en Tunisie, c’est le branle-bas de combat dans tous les camps, sur fond de tensions politiques, économiques et sociales de plus en plus graves. Le détonateur de la crise politique actuelle fut l’assassinat, le 25 juillet, de Mohamed Brahmi, député à l’Assemblée nationale constituante (ANC), leader du parti Courant populaire (1) et membre de la direction du Front populaire (2). Puis, la tension grimpa d’un cran après que huit militaires eurent été sauvagement tués, 4 jours après, dans une embuscade au mont Chaambi (3).

Un bras de fer a lieu actuellement entre, d’un côté, la coalition gouvernementale (Troïka), dominée par le parti islamiste Ennahdha (4) et qui dispose de la majorité à l’Assemblée nationale constituante (ANC) et, de l’autre, le Front du salut national (5).

Plus de deux ans et demi après l’insurrection révolutionnaire, qui a chassé Ben Ali du pouvoir, dont près de deux ans de gouvernement islamiste, tous les voyants sont au rouge : les classes laborieuses subissent de plein fouet les effets de la crise, la jeunesse a le sentiment d’avoir été « le dindon de la farce », tandis que des patrons menacent de mettre la clé sous la porte.

La Tunisie va mal. Les islamistes seraient-ils les seuls responsables de la situation actuelle ? Leur départ du pouvoir serait-il suffisant pour « corriger le cours de la révolution » ?

Les islamistes à l’épreuve du pouvoir

La victoire des islamistes aux élections de l’ANC d’octobre 2011 ne fut une surprise pour personne. Leur absence remarquée lors de l’insurrection révolutionnaire, n’a pas affaibli leur audience auprès de larges couches de la population, à cause de leur discours religieux rassurant, de leurs actions caritatives dans les quartiers populaires (6), de leurs promesses de combattre la corruption et de moraliser la vie politique.

Il y a aussi l’absence d’une force progressiste, voire révolutionnaire, capable de faire contrepoids à l’influence des islamistes. Seule l’organisation syndicale (UGTT) était en mesure de combattre les illusions que les classes laborieuses avaient nourries par rapport aux promesses de vie meilleure d’Ennahdha, et d’agir comme catalyseur du processus révolutionnaire. La direction de l’UGTT était plutôt occupée par la recherche d’un consensus politique large, qui devait hâter le retour de la stabilité. L’objectif étant, avant tout, de rassurer les investisseurs étrangers et les tour-opérateurs européens, afin d’éviter les fermetures d’usines et la chute de l’activité touristique, toutes deux grandes pourvoyeuses d’emplois en Tunisie.

Les élections n’ont pas eu pour seule conséquence de donner le pouvoir aux islamistes, elles ont été aussi l’outil qui a permis la neutralisation des masses en tant qu’acteurs directs du changement social en Tunisie et le transfert de leur pouvoir politique à l’ANC, qui l’a transmis, à son tour, au gouvernement de la Troïka. Le blocage actuel de l’ANC est une opportunité pour les classes laborieuses de reconquérir leur pouvoir afin de débloquer le processus révolutionnaire et d’agir pour un changement, qui aille dans le sens de leurs propres intérêts de classe.

Le mandat populaire était une arme à double tranchant pour les islamistes : il leur donnait la légitimité de gouverner, tout en exigeant d’eux des résultats concrets et immédiats en termes d’amélioration des conditions de vie de la majorité de la population. L’étendue et la gravité de la crise sociale, les revendications et les attentes qui en résultaient, faisaient que les masses populaires considéraient, à juste titre, qu’elles étaient en droit de récolter les fruits de leur victoire contre le dictateur. Ce qui ne laissait pas beaucoup d’options face à la Troïka :

 Poursuivre le processus révolutionnaire, en se fixant comme priorité absolue la satisfaction des revendications économiques et sociales urgentes, grâce, notamment, à la mobilisation des ressources financières de l’État. S’engager sur cette voie aurait signifié aussi la remise en question de la politique économique et sociale dominante. Mais c’était la seule voie capable de permettre une reprise rapide et vigoureuse de l’activité économique et le retour au calme. Elle reste encore d’actualité.

 Ou, au contraire, tourner le dos au peuple, comme le faisait Ben Ali auparavant, en se mettant au service des intérêts de la minorité riche locale, des multinationales et des riches créanciers extérieurs.

La coalition au pouvoir, dominée par les islamistes, contrairement à ses engagements électoraux et à tous ses beaux discours, a été le nouveau chien de garde des intérêts néocoloniaux en Tunisie. Les islamistes ont tenté de camoufler leur traîtrise, en cherchant à diaboliser les organisations et les activistes révolutionnaires, en criminalisant les mouvements sociaux et revendicatifs, en déviant les débats des problèmes économiques et sociaux vers des questions identitaires et en encourageant la formation de groupes religieux fanatiques et violents.

La manœuvre des islamistes a tenu la route au cours de leur première année de pouvoir. Mais la dégradation de la situation économique et sociale et la violence politique des groupes et milices islamistes, ont fini par retourner l’opinion publique contre eux. La révolution a offert le pouvoir aux islamistes sur un plateau d’argent ; ensuite ils l’ont utilisé pour essayer de lui tordre le coup. Leur traîtrise et, surtout, la dégradation de la situation économique et sociale sous leur gouvernement, précipite depuis dix mois leur chute. Le mouvement de contestation actuel est en train de les acculer au pied du mur. La volonté de les chasser du pouvoir gagne rapidement du terrain.

Contrairement à Ennahdha, qui a mieux résisté au cours de sa première année de pouvoir, les deux autres partis de la Troïka (le CPR et Ettakatol), qui ont servi de faire-valoir aux islamistes, ont été érodés de façon rapide. Aujourd’hui, ils sont des coquilles vides qui s’accrochent au pouvoir comme des teignes.

Hâter le départ de cette bande du pouvoir aura, sans aucun doute, des effets bénéfiques sur le processus révolutionnaire, à condition, bien entendu, de rester extrêmement vigilant ; un gouvernement contre-révolutionnaire qui tombe est, sans aucun doute, une opportunité à saisir par le mouvement révolutionnaire, mais encore faut-il que ce dernier soit en mesure de le faire ! Il est évident que quand le combat est engagé et que l’ennemi est en train de tout dévaster il ne faut sous aucun prétexte, se dérober, sinon c’est la défaite assurée !

Quelles alternatives aux islamistes ?

Après plusieurs mois de crise (7), les différentes positions se cristallisent autour de la question des institutions issues des élections de 2011, notamment l’ANC et le gouvernement, mais aussi le refus d’une Constitution rétrograde, des nominations politiques dans des postes clés de l’administration et des entreprises publiques, ainsi que la demande de dissolution des organisations et milices islamistes à caractère violent, voire terroriste.

Par contre, la question centrale de la politique économique et sociale n’est posée que de manière subsidiaire. Il faut remarquer que, bien avant l’arrivée des islamistes au pouvoir, une idée s’était imposée : à savoir que la tâche actuelle consistait à mener à bien la « transition démocratique » qui est strictement limitée aux aspects politiques. Tout ce qui concerne la politique économique et sociale était relégué à l’étape suivante, allant même jusqu’à qualifier toute revendication économique ou sociale de prématurée, sinon de contre-productive, pouvant même mettre en danger la transition démocratique.

Pire, les deux principaux partis politiques qui se font face aujourd’hui — à savoir Ennahdha et Nidaa Tounes — sont d’accords sur la poursuite, voire l’approfondissement, de la politique économique et sociale de l’ancien régime. Cet accord a été traduit dans les faits :

 D’abord, sous le gouvernement Essebsi (mars-décembre 2011), fondateur et dirigeant de Nidaa Tounes, qui a défendu et maintenu la politique et les engagements de l’ancien dictateur vis-à-vis de l’impérialisme et du néocolonialisme. Cela a été formulé, notamment, dans le « Plan jasmin » dans le cadre du « Partenariat de Deauville » (8) (26 et 27 mai 2011) ;

 Puis, sous le gouvernement de la Troïka, qui a poursuivi dans la même direction en s’appuyant, surtout, sur les crédits fournis essentiellement par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et l’État français. Cette orientation a été concrétisée notamment par le renforcement du « partenariat » imposé par l’UE dans le cadre de la « Zone économique de libre-échange élargie et approfondie », puis la signature, le 7 juin 2013, d’un nouveau programme d’ajustement structurel avec le FMI.

Bien entendu, dans le discours, tous rappellent l’importance des revendications économiques et sociales, de même que l’importance du traitement de la question des disparités régionales qui opposent les niches côtières relativement prospères, notamment autour de Tunis, Nabeul-Hammamet, Sousse-Monastir et Sfax, d’une part, et le reste du pays, ravagé par le chômage et la misère, d’autre part.

C’est là tout le problème de la révolution tunisienne. Les forces impérialistes, à travers leurs serviteurs locaux, anciens et nouveaux, ont réussi jusqu’à présent à « contenir » le processus révolutionnaire dans les limites d’une réforme politique du pouvoir. Alors que, dans le même temps, elles tentent d’approfondir et d’élargir les restructurations capitalistes néolibérales et de renforcer la mainmise néocoloniale sur le pays.

Les exigences formulées par le FSN afin de sortir de la crise actuelle sont :

● La dissolution de l’ANC et la formation d’une « Haute instance pour le Salut national », représentant les partis politiques, les associations et des experts en droit constitutionnel, qui chargeront un « comité d’experts » de terminer la rédaction de la Constitution et une autre instance pour l’organisation et le contrôle des élections ;

● La dissolution du gouvernement et la création d’un « gouvernement de salut national » restreint, présidé par une personnalité indépendante ;

● L’annulation des « nominations politiques » ;

● La dissolution des organisations et milices islamistes violentes.

Ces exigences ont reçu le soutien, très important, de la centrale syndicale UGTT, mais aussi de l’organisation patronale UTICA. Toutes deux se disent prêtes, en cas de refus de la Troïka d’obtempérer, à recourir à des moyens de pression, tels que la grève générale, pour l’UGTT, et le boycott administratif concernant les déclarations aux caisses sociales ou bien des impôts, du côté de l’UTICA.

L’arc des forces opposées à la Troïka est assez large, puisqu’il regroupe, outre le Front Populaire et le FSN, l’UGTT, des associations démocratiques et progressistes, l’organisation patronale UTICA et un secteur important de la population (9). Toutes et tous exigent, depuis plus d’un mois, le départ du pouvoir des islamistes et de leurs alliés. Cette cause est juste et nécessaire. Les islamistes se sont révélés des serviteurs zélés des intérêts néocoloniaux. Il n’est pas exclu que leur politique ait irrité une partie de la bourgeoisie locale, notamment celle qui travaille pour le marché local. Faut-il rappeler ici la grogne de la même UTICA, en 1995, quand Ben Ali accepta la zone de libre-échange avec l’Union européenne ? On disait alors que le tiers du tissu industriel était condamné à l’avance. Que dire aussi des répercussions fâcheuses sur les conditions de vie des masses populaires et qui viennent aggraver une situation déjà assez dramatique.

Par ailleurs, pour se maintenir au pouvoir, les islamistes se drapent d’un discours religieux aussi rétrograde que radical pour brouiller les cartes, neutraliser les quartiers populaires et diviser les classes laborieuses. De plus, ils mettent à la disposition de leur projet des organisations islamistes fascisantes et terroristes, qui ont déjà à leur compte bon nombre de crimes politiques. Le Front populaire a eu raison quand il a pris l’initiative d’appeler à la désobéissance civile contre leur pouvoir. Pour l’heure, il est à la tête d’un vaste mouvement très largement représenté à la base.

Le FSN s’est construit autour de l’initiative politique du Front populaire, ce qui a permis à ce dernier de briser la bipolarisation qui existait entre Ennahdha et Nidaa Tounes, de sortir de son isolement et de ne plus être à la traîne des événements. Un fait notable : c’est la première fois qu’une coalition politique réussit à mobiliser des centaines de milliers de personnes dans la rue ; ce fut le cas notamment le 6 août, où le nombre de manifestants a certainement approché le demi-million. Jusque-là, seule l’UGTT pouvait massivement mobiliser, mais jamais autant. Le Front populaire a démontré au cours du mois dernier qu’il est un véritable « corps militant », pas seulement à Tunis, mais dans toutes les régions du pays. Par contre, Nidaa Tounes est apparu comme étant « un corps électoral » — des intentions de vote sans contenu militant.

Le discours modéré, mais ferme et bien adapté à la réalité du moment du peuple tunisien, qui est adopté par le Front populaire est en train de porter ses fruits, ce qui a tendance à affaiblir considérablement l’influence du discours islamiste auprès des masses populaires. Si le gouvernement d’Ennahdha tombe, cela sera perçu indéniablement comme étant la victoire du Front populaire. Mais cela ne doit pas occulter les nombreuses défaillances du Front populaire. Des faiblesses existent notamment au niveau de la construction et de l’organisation du Front. Malgré un bon départ, surtout grâce à l’initiative des militantes et militants régionaux, la construction et l’implantation organisationnelle du Front, partout en Tunisie, est restée assez fragile. La direction du Front populaire (10) et le bureau exécutif (de création récente) sont, somme toute, mis à part quelques coordinations régionales, les seules instances qui fonctionnent régulièrement. Les nombreuses et nombreuxx indépendant-e-s (11), qui constituent l’épine dorsale du Front populaire, ont du mal à faire entendre leur voix dans une telle organisation.

Il y a aussi le risque, bien réel, de se laisser enfermer dans la logique du système dominant, sous prétexte de réalisme, voire d’une prétendue fatalité de l’ordre capitaliste néolibéral dominant. Les questions tactiques sont une chose, et les accommodements et les concessions auxquels le Front populaire peut être amené à se soumettre, sous la pression de Nidaa Tounes et de l’UTICA, qui sont de nature à dévier le Front populaire de son objectif révolutionnaire, en sont une autre. Certaines composantes du Front populaires seraient tentées, sous prétexte de pragmatisme, de faire des concessions ou des accommodements, qui peuvent s’avérer contre-révolutionnaires. Ces tentations ont tendance à se renforcer à un moment où l’étau se resserre de plus en plus autour des islamistes, qui sont en train de reculer sous la pression de la mobilisation. Ces derniers seraient sur le point de céder sur le gouvernement, pour réorganiser leur défense autour de l’ANC, d’où ils espèrent repartir à la conquête du pouvoir lors des prochaines élections, qui auront lieu, vraisemblablement, dans quelques mois.

Maintenant, le problème se situe au-delà de la Troïka, au niveau du « gouvernement de salut », qui pourrait être mis en place dans les semaines qui viennent. Quel programme ? Quelles priorités ? Quelles mesures urgentes ?

La question concernant la structure, la composition et les tâches politiques, économiques et sociales urgentes, du « gouvernement de salut » a été longuement discutée au sein de la direction du Front populaire. Le Front populaire a convenu d’un plan qui vise l’arrêt des hostilités économiques et sociales contre les classes populaires, notamment en imposant la suspension du plan d’ajustement structurel, le gel des prix des produits de première nécessité, un moratoire sur le paiement la dette publique extérieure, un impôt sur les grandes fortunes et l’imposition des bénéfices des multinationales, etc. Tels sont les grandes lignes des mesures économiques et sociales du Front populaire.

Reste à discuter de cette orientation et de ces mesures, au sein du FNS, et avec l’UGTT et l’UTICA. Là réside le véritable enjeu politique à l’heure actuelle. Face à des partenaires du moment, dont les intérêts et le programme stratégique sont diamétralement opposés, le Front populaire aura fort à faire pour mettre le cap vers un changement social radical. En effet, il porte sur les épaules l’inexpérience et la non-préparation de la gauche, des progressistes et des révolutionnaires, face aux multiples questions de politique économique et sociale et, surtout, leurs insuffisances dans la formulation de mesures appropriées, sur la base d’une connaissance suffisante des questions posées et des objectifs à atteindre.

De plus, l’idéologie dominante, la pression politique énorme exercée par les très nombreux partis de droite, la gravité de la situation économique et sociale et, surtout, la très forte dépendance de la Tunisie vis-à-vis de l’extérieur (exportations, tourisme, dette, investissements étrangers) et la présence d’une forte économie néocoloniale, compliquent aussi la tâche du Front populaire qui n’est pas à l’abri des erreurs. Bien sûr, pour ne pas en faire, il suffit de rester bien en retrait des terrains de lutte, d’observer et de critiquer ceux qui se battent pour maintenir l’espoir et la confiance dans la victoire. Certains, en Tunisie, se découvrent une vocation de donneurs de leçons de bonne conduite révolutionnaire à celles et ceux qui tentent, à travers la lutte, d’éliminer les obstacles et d’éviter les embûches qui barrent le chemin de la révolution.

Notre tâche n’est pas facile, les ennemis de la révolution sont aussi nombreux que puissants. Les alliés du moment peuvent à tout instant se retourner contre nous et nous sommes tout à fait conscients de cela. Il n’est pas facile de rester mobilisé-e-s des mois durant, surtout quand nous manquons de moyens face à un ennemi suréquipé. Mais, malgré tout cela, nous tenons bon et nous avançons. Notre cause est juste, nous croyons à la victoire.

Enfin, les jours qui viennent s’annoncent très tendus. Tout reste possible. Nous faisons tout pour que l’issue de la bataille aille dans la bonne direction, celle de l’intérêt de la majorité des Tunisiennes et des Tunisiens. 

Tunis, le 31 août 2013

Fathi Chamkhi est membre du Conseil des secrétaires généraux du Front populaire en tant que représentant de l’association RAID (Attac & Cadtm en Tunisie). Il est militant de la Ligue de la gauche ouvrière (LGO).

1. Ettayar Achaabi, d’obédience nationaliste nassérienne.

2. Cet assassinat est le second qui endeuille le Front populaire, après celui Chokri Belaïd, secrétaire général du Parti patriote démocratique unifié, qui fut assassiné le 6 février dernier.

3. À la frontière entre la Tunisie et l’Algérie.

4. Branche tunisienne de l’organisation mondiale des Frères musulmans. Lors des élections du 23 octobre 2011, Ennahdha et ses deux partis alliés ont obtenu 63 % des sièges à l’ANC. Depuis, beaucoup de défections dans les rangs de ces derniers ont réduit ce pourcentage à environ 50 %.

5. Le Front du salut national (FSN) a été crée le 26 juillet 2013. Il regroupe le Front populaire (coalition d’une douzaine de partis de gauche et nationalistes) et l’Union pour la Tunisie (coalition libérale réformiste de cinq partis, dont Nidaa Tounes qui, si on croit les sondages serait accrédité de 20 % des intentions de votes, devançant très légèrement Ennahdha), et un grand nombre de petits partis politiques et d’associations.

6. Grâce aux pétrodollars, notamment qataris, qui ont coulé à flots et ont permis aux islamistes de gagner bon nombre de voix au sein d’une population écrasée entre la faiblesse et même l’absence de revenus et des prix de plus en plus élevés.

7. Le 6 février 2013, l’assassinat de Belaid a laissé la Tunisie sous le choc, plus d’un million de personnes ont participé à son enterrement le 8 février. La centrale syndicale avait appelé à observer, le jour même, une grève générale nationale. Par ailleurs, le soir du 6 février, Jebali, président du gouvernement et secrétaire général d’Ennahdha, proposa de former un nouveau gouvernement d’union nationale. Des pourparlers furent engagés avec les principaux partis de l’opposition mais n’aboutirent pas. Jebali démissionna et Ennahdha le remplaça par Larayedh, son autre dirigeant et ex-ministre de l’intérieur. La Troïka en était sortie affaiblie, mais dominait toujours le pouvoir.

8. Le G8 a exigé de la part du gouvernement Essebsi un plan économique sur cinq ans. En contrepartie, la Banque mondiale a octroyé un prêt de 1 milliard de dollars dans un programme « Gouvernance et Opportunités », en partenariat avec la Banque africaine de développement, l’Agence française de développement et l’Union européenne.

9. Il est à noter que les différentes actions, qui ont été organisées par le FSN au cours du dernier mois, ont rassemblé des centaines de milliers de personnes à travers tout le pays.

10. Le Conseil des secrétaires généraux.

11. Il s’agit en fait de militantes et de militants engagé-e-s mais non affilié-e-s à des partis politiques.

 

 

Publié dans DEMOCRATIE

Commenter cet article