Rencontre BCT-Raid à propos du paiement du service de la dette

Publié le par FATHI CHAMKHI

bct.jpgSuite à la demande du gouverneur de la BCT (banque centrale de Tunisie), une réunion informelle a eu lieu, le lundi 16 mai, de 9h à 10h30, au siège de la BCT, entre, d’un côté, le gouverneur et deux hauts responsables de la banque et, de l’autre côté, le porte-parole de l’association Raid Attac Cadtm Tunisie.

Raid Attac Cadtm Tunisie tient à saluer cette initiative de dialogue sur la question de la dette, tout en exprimant son regret de constater que Mr. le gouverneur ne pourra pas participer à notre meeting sur la dette, à cause d’un déplacement à l’étranger.

Le débat a porté sur le paiement du service de la dette que poursuit le gouvernement provisoire, après la chute de Ben Ali, et la campagne nationale et internationale de notre association pour la suspension de ce remboursement et pour la mise en place d’un audit pour déterminer la part odieuse de la dette qui doit être répudiée.

En résumé, Mr. le gouverneur, tout en affirmant qu’il n’y a pas de conflits d’intérêts entre sa fonction passée, au sein de la Banque Mondiale à Washington, et sa fonction actuelle, en tant que gouverneur de la BCT, a justifié le paiement récent de près de 1000 millions de dinars, comme étant le seul choix possible pouvant garantir la poursuite du financement extérieur de l’économie et son maintien à flot. Ce paiement était d’autant plus justifié, affirmait-t-il, que la Tunisie dispose des moyens financiers pour le faire.

De plus, la Tunisie, poursuivait-t-il, bénéficie d’un crédit de confiance qu’il faut préserver afin de sauvegarder de bonnes conditions d’emprunts extérieurs.

De son côté, le porte-parole de Raid tout en exposant les arguments de notre campagne, a expliqué l’impact positif attendu de la réorientation de ces sommes vers les urgences sociales et économiques, sur la stabilité sociale et la reprise économique qui sont autant d’atouts pour le renforcement du processus démocratique en cours. Sans parler, de l’obligation du gouvernement de veiller à subvenir, en priorité, aux besoins fondamentaux de la population.

Raid Attac Cadtm Tunisie, adresse un appel solennel à la radio et à la télévision publics pour qu’elles s’ouvrent sur ce débat important pour l’avenir de la Tunisie. Leur silence, malgré tous nos efforts pour les impliquer dans ce débat, est inacceptable après le 14 janvier.

Enfin, Raid Attac Cadtm Tunisie vous appelle, toutes et tous, au MEETING ‘Unissons-nous pour abattre la dictature de la dette’, dimanche 22 mai 2011, à 14h à la bourse du travail, à Tunis (Av. Bourguiba, près du TGM), auquel participera des activistes associatifs, des leaders syndicalistes, quatre euro-parlementaires qui soutiennent notre campagne et des beaucoup d’artistes jeunes qui assureront plusieurs spectacles.

Tunis, le 16 mai 2011

Raid Attac/Cadtm Tunisie

Publié dans DETTE

Commenter cet article

ali 22/05/2011 23:39


Pour commencer j’ignore s’il est dans les protocoles de l’organisation RAID -ATTAC de se voir, à travers l’un de ses membres, se faire convoquer au bureau du gouverneur d’une banque centrale de
n’importe quel pays quel qu’il soit. On pense qu’il y a plus d’un terrain neutre dans le pays pour une telle rencontre avec le gouverneur de la B.C de Tunisie. Par exemple l’un des grands hôtels de
la capitale. Sinon dans les bureaux de l’organisation, car c’est elle qui représente au nom du peuple le demandeur et non pas l’inverse. Ceci dit deux points ressortent du résumé de la rencontre en
question :

1- Le conflit entre fonctions : En effet la nomination de Monsieur Mustapha Kamel Nabli par le gouvernement provisoire de transition comme gouverneur de la banque centrale de Tunisie, non seulement
est totalement incompatible vu ses liens antérieurs et actuels avec la Banque Mondiale et ses activités continuelles dans le monde des finances à divers titres aux Etats-Unis et en France, mais on
ne peut en aucun cas l’autoriser à effectuer – dans le moment extraordinaire que traverse le pays – un remboursement quelconque à qui que ce soit. Sinon à quoi sert la révolution ?

– Les impératifs immédiats devraient exiger du gouverneur de la banque centrale à se concentrer uniquement et strictement sur les nécessités urgentes de la population d’autant plus qu’il prétend
que les caisses de la banque débordent de réserves. Logiquement il ne peut avoir le moindre souci à se faire ni à l’égard de la Banque Mondiale ni à l’égard d’aucun autre spéculateur. Monsieur le
gouverneur se trouve en effet entre deux choix : soit il agit dans l’intérêt de son peuple soit il le fait dans l’intérêt d’institutions autour desquelles pèsent les suspicions, les méfiances et
les suspects qui ont fini par constituer carrément des accusations largement bien fondées.

La Banque Mondiale ainsi que le Fonds Monétaire International conçus au départ à la fin de la 2ème Guerre Mondiale pour la reconstruction de l’Europe, sont devenus par la suite et particulièrement
en nos jours les deux puissants instruments « soft » entre les mains des puissances occidentales et principalement les Etats-Unis pour continuer leur pillage systématique du reste du monde. Plus
d’un auteur, plus d’un économiste et plus d’un politicien, tous ont, sous les formes les plus diverses, des articles, des livres, des conférences, dénoncé avec les arguments irréfutables et la plus
grande vigueur, l’hypocrisie qui a atteint depuis très longtemps le degré de la criminalité à col –blanc pure et simple. Par tout où passent ces deux organismes ils ne laissent que plus de misère
et plus de paupérisation qu’à leur arrivée. Ces deux organismes, entre autres, exigent de tous les pays du tiers-monde non seulement de se plier à leur volonté et d’appliquer leurs recettes
catastrophiques et ruineuses, mais de rembourser les dettes contractées par les dictateurs dans les délais prévus sauf au pays le plus endetté de la planète : Les Etats-Unis.

Ni Ben Bernanke, le gouverneur de la banque centrale américaine (La Federal Reserve) ni aucun autre responsable américain ne se sont pourtant jamais soucié le moindre du monde. Monsieur Mustapha
Kamel Nabli n’a jamais lu ni entendu parler de M. Joseph Stiglitz, le prix Nobel d’économie (2001). Pourtant cet économiste américain qui a dirigé les deux organismes à différentes époques ne cesse
de démontrer leur nocivité mortelle pour les peuples. Son dernier livre « Le triomphe de la cupidité » ou « Freefall » en anglais (Chute libre) dévoile encore une fois de plus à quel point ces
institutions ont mené l’économie du monde à l’abîme et particulièrement celle des pays dits en voie de développement. Monsieur Nabli n’a jamais entendu parler d’aucun autre économiste comme Samir
Amin ou du président et économiste équatorien Rafael Correa.

Bref on peut passer par la Banque Mondiale mais rester insensible aux crimes que commet cet organisme avec la préméditation et la minutie à donner le vertige, c’est faire preuve ou bien d’une
ignorance totale en la matière ou faire preuve d’une froide complicité. Monsieur Nabli n’a pas entendu parler de l’ex- président de l’Argentine Nestor Kirchner, celui qui a fait passer les intérêts
de l’Argentine avant ceux de la FMI ou de la BM. Monsieur Nabli n’a pas non plus entendu parler d’Hugo Chavez qui a retiré tout l’argent du Venezuela et a claqué à jamais la porte du FM et de la
BM. Bref ce qu’aurait attendu le peuple en Tunisie de M. Nabli c’est justement faire preuve de ses capacités en prenant lui-même la première de toutes les décisions celle de réclamer un moratoire
sur cette question de dettes odieuses. Et pour terminer – pour le moment – sur ce point, force est de croire qu’en effet il n’y a aucun conflit entre les fonctions de monsieur Nabli. Il reste bien
fidèle à la ligne de la Banque Mondiale, mais il confond honteusement et maladroitement la Tunisie et son peuple en état exceptionnellement révolutionnaire, avec les Etats-Unis, un empire qui
insiste dans son hégémonie sur les peuples et qui se sert de ces deux instruments pour perpétuer sa domination tout en frayant le chemin devant les spéculateurs de tous gabarits. Et dire que ce
monsieur est natif d’une ville, comme toutes les villes et villages du pays qui n’a rien à envier aux misères dans lesquelles se débattent les peuples arabes ou tous les peuples du tiers-monde.

2- Le crédit de confiance dont jouirait la Tunisie : La Tunisie, cher monsieur Nabli a été gouvernée depuis 1956 par l’une des dictatures les plus féroces du monde arabe, du monde musulman et de
tout le tiers monde. On ne sait pas quelle est l’image que donnerait d’un pays une dictature. Celle qui ouvre le pays sur les deux battants aux anciens colons, aux spéculateurs, aux malfaiteurs
internationaux, et aux intérêts impérialistes tout en étouffant le peuple, en remplissant les geôles des opposants?- Le crédit de confiance que la dictature a bâti par l’oppression, la torture, la
suppression de tous les droits, de la liberté d’expression, d’association etc. Nulle part une dictature n’a jamais donné une image de crédibilité quelconque du pays. Tout à fait le contraire. À
moins que par crédit de confiance vous voulez dire le respect de la règle du jeu entre les spéculateurs et les dictateurs. Il n’est pas surprenant que le dictateur se soit enfui en emportant des
milliards de dollars et dont la quantité exacte reste encore à évaluer. Que monsieur Nabli prenne note la Révolution n’est pas issue d’un casino, elle est l’explosion des souffrances d’un peuple
qui a supporté durant des décennies une dictature qui comploté avec l’étranger dont – précisément ces organismes – contre ses intérêts, contre son développement, contre son bien être, contre ses
aspirations et enfin contre son existence même. Aujourd’hui la règle du jeu est totalement changée. Le peuple est bien conscient des manipulations en cours de tous ceux qui cherchent un retour au
statu quo ante. Son réveil est irréversible et n’entend en aucun cas se laisser abuser encore un autre demi-siècle.

Enfin un simple professeur d’économie connu pour son honnêteté et de préférence qui ne serait jamais sorti du pays aurait été bien à la hauteur de gouverner la banque centrale et surtout en
veillant aux intérêts de son peuple. Il n’est point besoin de faire venir ni M. Nabli ni quiconque d’autre de n’importe quel pays occidental pour diriger un département ou un ministère
quelconque.
L’autre jour j’ai écouté avec une stupéfaction et écœurement un autre ministre dire qu’il ne voit pas de contradiction entre sa double nationalité franco-tunisienne et sa fonction !