Dégage, dégage, dégage ! Du passé faisons table rase !

Publié le par FATHI CHAMKHI

            Durant 23 ans, les masses tunisiennes sont restées soumises à la dictature. Puis, il ne leur a fallu que 29 jours pour s’en libérer ! Ce texte, rédigé à la hâte dans des circonstances exceptionnelles ; se veut une contribution pour tenter de comprendre ce qui vient de se passer, et de continuer d’agir et d’avancer consciemment au sein du mouvement révolutionnaire, vers la réalisation du modèle de société vers laquelle aspirent les masses populaires et la jeunesse en Tunisie, un modèle qui placerait au centre de ses préoccupations, la pleine satisfaction des besoins économiques, sociaux, culturels, environnementaux des masses populaires, dans le respect des principes de liberté, d’égalité, des règles démocratiques et de la nature.

Chronique des 29 journées qui ont changé la Tunisie !

Le 17 décembre, à la suite de l’immolation d’un jeune (M. Bouazizi) chômeur/vendeur ambulant de légumes de 26 ans, diplômé de l’université, à Sidi Bouzid (Centre ouest de la Tunisie), un groupe de manifestants en colère s’est rassemblé devant le siège du gouvernorat (préfecture). Les jours suivants, la scène s’est répétée et des accrochages avec la police se sont produits. Plusieurs vidéos sont réalisées. Elles sont diffusées sur internet, notamment dans le réseau facebook. Ces vidéos sont reprises par la chaîne de télévision satellitaire Al Jazira, très suivie en Tunisie, qui les a diffusé largement.

Les jours suivants, la contestation a gagné les villes voisines, et a abouti à des heurts très violents avec les brigades anti-émeutes. La première victime tuée par balle est tombé le 24 décembre. Facebook et Al Jazira ont continué à diffuser des vidéos puisées dans le web, presque à temps réel. La diffusion de l’information sur la situation du mouvement, en directe et en continue, assurée par Al Jazira, qui s’est appuyée sur les centaines de vidéo réalisées par des militants anonymes sur le terrain, qui ont compris l’importance stratégique de leur témoignage, lequel a été diffusé par des internautes dans les réseaux du web, a exaspéré le pouvoir et tenu le peuple informé de la réalité. Internet a aussi servi comme relais pour diffuser des mots d’ordres de grève et pour la coordination des mobilisations, surtout par le mouvement lycéen, et plus généralement par les mouvements de jeunes, qui ont su en tirer le meilleur parti. D’ailleurs, le pouvoir ne s’y trompait pas en ayant toujours cherché à étrangler internet et à le mettre sous une surveillance policière continue. A cette occasion, nous ne pouvons ne pas avoir une pensée pour le martyre Zouheir Yahyaoui, qui fut le premier cyberdissident tunisien à être jeté en prison par Ben Ali.

Le verrouillage médiatique du pays, pratiqué par la dictature, et qui permettait de maintenir le pays sous contrôle, est ainsi brisé. Désormais, les masses tunisiennes, peuvent s’informer sur leurs propres luttes contre le pouvoir dictatorial, tout en sachant que le monde entier peut aussi se rendre compte de ces luttes. Mais, surtout, le pouvoir sait qu’il ne peut plus cacher ses crimes. Les images de la répression ont beaucoup indigné les tunisiens, mais c’est surtout l’immolation de Bouazizi qui les a profondément choqué. La tension gagne tout le pays.

Face à l’extension de la contestation aux villes des hautes steppes, véritables foyers de tensions sociales, notamment Thela et Kasserine, Ben Ali ordonne à sa police d’ouvrir le feu sur les manifestants. De manière ‘modéré’ au cours de la deuxième et la troisième semaine de la contestation, puis de manière systématique au cours de la quatrième semaine. Le nombre de victimes serait d’une centaine, selon l’ONU, alors que celui des blessés se compterait par milliers.

Mais, ce sont les cinq derniers jours qui ont été décisifs pour l’issue de la révolution. Deux faits majeurs avaient accéléré, plus particulièrement, le cours des évènements.

D’une part, dès la reprise des cours, après deux semaines de vacances, le lundi 10, les lycéens se sont engagés massivement dans le mouvement. Dans le même temps, les universités sont restées relativement calmes, à cause des examens. Cette très forte mobilisation lycéenne, qui a abouti, dans plusieurs régions à des confrontations avec les forces de police, a fait réagir Ben Ali une deuxième fois dans une allocution télévisée, au cours de laquelle il a maintenu la ligne dure de sa première allocution du 28 décembre. Mais, dès le lendemain, la révolte reprend de plus belle dans tous les lycées du pays.

Le mouvement lycéen est donc intervenu à un moment important du processus révolutionnaire. D’abord, il est survenu alors que la répression s’est intensifiée, au cours du weekend. Le régime de Ben Ali entendait ainsi étouffer dans le sang la révolte populaire. Ensuite, au 25ième jour de la révolution, le mouvement est resté axé sur les villes du centre ouest : Sidi Bouzid, Kasserine et Thala, Le mouvement lycéen a été, malgré sa très courte existence (une journée et demie), un élément décisif dans le mouvement révolutionnaire qu’il a poussé à s’étendre sur tout le pays. Comprenant le danger, Ben Ali a réagi, il a ordonné la fermeture des écoles et des universités jusqu’à nouvel ordre. Leur réouverture progressive vient d’être annoncée pour lundi 24, mais la riposte des syndicats vient de tomber aussi ; cette journée sera une journée de grève dans l’enseignement primaire et secondaire.

D’autre part, Tunis qui est restée en dehors du mouvement, jusqu’au mardi 11, et ce malgré plusieurs tentatives de la part de quelques centaines de syndicalistes qui se sont rassemblés plusieurs jours devant le siège de l’UGTT, dans la petite place M. Ali, s’est embrasée à son tour. Dans le même temps, le mouvement révolutionnaire a gagné l’ensemble des villes côtières et du Sud du pays.

Au 26ième jour, la révolution a fini par enflammer l’ensemble de la Tunisie. Après la fermeture des écoles, Ben Ali a changé son ministre de l’intérieur et a décrété un couvre-feu nocturne sur 4 gouvernorats du pays qui constituent ‘le grand Tunis’, qui abritent environ le ¼ de la population de la Tunisie et où se concentre plus de la moitié de son activité économique.     Parallèlement, le pouvoir qui a déployé l’armée dans un premier temps dans les villes où il y a eu de violents affrontements, surtout Sidi Bouzid, Kasserine et Thela a décidé, le mardi 12, de la déployer dans la capitale.

Cependant, chose importante, l’armée, somme toute faible en effectif et sans un rôle réel dans le dispositif répressif de Ben Ali, qui lui préfère le ministère de l’Intérieur, et plus particulièrement, son propre dispositif policier attaché directement au palais, a refusé de suivre Ben Ali dans sa folie meurtrière. Le Chef d'état-major de l'armée de terre, le général R. Ammar a préféré démissionner plutôt que faire suivre l’ordre de Ben Ali de tirer sur les manifestants. Donc, l’armée, dans un moment hautement décisif, a finalement fait défaut au pouvoir, à un moment où il s’est avéré que les effectifs policiers, malgré leur importance, devenaient incapables de faire face à un mouvement d’une telle ampleur. Les unités militaires déployées dans les grandes villes, se sont contentées de rester ‘bien sagement’ autour de certains bâtiments, notamment les banques et les sièges des gouverneurs et des délégués, ou les tribunaux, afin de les protéger de la colère des manifestants qui ont saccagé et incendié un grand nombre de postes de polices et de la garde nationale. Autre fait à signaler aussi, à plusieurs reprises les soldats sont intervenus pour protéger les manifestants contre la police.

La centrale unique des travailleurs, l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) a été un autre acteur important de la révolution. Jusqu’au 10 janvier, la direction de l’UGTT (le bureau exécutif) et plus particulièrement A. Jrad, le secrétaire général, ont réussi à maintenir la centrale syndicale dans une neutralité passive vis-à-vis du mouvement révolutionnaire, mais de fait du côté du pouvoir. Dans une interview accordée au journal Essabah, propriété de S. El Materi, gendre de Ben Ali, A. Jrad s’est désolidarisé avec les rassemblements qui ont eu lieu devant le siège de l’UGTT à Tunis, en prétendant que la majorité des manifestants ne sont pas membres de l’UGTT, et a affirmé ne pas approuver les slogans scandés lors de ces rassemblements.

Le basculement de l’UGTT du côté de la révolution s’est opéré lors de la commission administrative nationale (CAN), qui est la troisième instance de décision après le congrès et le conseil national. La CAN a permis aux délégués des différentes syndicats sectoriels et des représentants des unions régionales, très impliquées, dès le début dans le mouvement révolutionnaire, de rectifier l’orientation de l’UGTT, qui a fini par se déclarer ouvertement en faveur de la révolution. Très bien implanté au sein des différentes structures de l’UGTT, la gauche révolutionnaire, malgré sa faiblesse et ses divisions, a joué un rôle déterminant dans ce changement d’orientation. De ce fait, les révolutionnaires tunisiens n’interviennent pas dans le mouvement révolutionnaire sous leurs bannières politiques propres, mais plutôt à travers les structures de l’UGTT où ils sont bien implantés depuis longtemps. Pour pallier cette faiblesse, un regroupement de la gauche, mais aussi avec des groupes nationalistes et baathistes, est en train de se formaliser dans une alliance politique du nom de ‘front du 14 janvier’.

Afin de dénoncer la répression et de soutenir le mouvement révolutionnaire, la CAN a donc appelé à une série de grèves régionales à partir du 12 janvier. Celle de Tunis a été prévue pour le vendredi 14 janvier de 9h à 11h. Cette grève et le rassemblement populaire qu’elle a suscité ont été le dernier coup de marteau qui a fait tomber le pouvoir de Ben Ali.

Afin d’être assez exhaustif, il faut citer le rôle joué par le conseil de l’ordre des avocats et les quelques milliers d’avocats qui se sont mobilisés tout au long des journées révolutionnaires et ont été un facteur important dans le dynamisme et la détermination du mouvement en général. Nul ne doute que le rôle qu’ils ont joué a été déterminant, lui aussi, pour la poursuite et la victoire de la révolution. D’autres secteurs professionnels se sont illustrés dans le mouvement révolutionnaire et ont joué, à un moment ou bien un autre, un rôle important dans la mobilisation, que ce soit de manière directe en tant que corps constitué, comme les avocats, ou bien à travers leur syndicat, tels que les enseignants ou bien le secteur de la santé.

Enfin, totalement dépassés par les évènements, les partis politiques de l’opposition reconnus par Ben Ali (précisément : le parti Ettajdid –ex PCT- de A. Ibrahim, le Parti démocratique progressiste –PDP- de N. Chebbi, et le Forum démocratique pour le travail et les libertés –FDTL de M. Ben Jaffar) n’ont fait qu’observer le mouvement, tentant çà et là d’y jouer un rôle quelconque, mais rien de significatif, à cause de leur faible enracinement parmi les masses, mais aussi à cause de leur aveuglement politique, inhérent à la nature des intérêts de classe qu’ils représentent.

Pire, n’ayant aucune confiance dans les masses populaires et la jeunesse, et doutant de leur détermination et de leur capacité à faire tomber le dictateur, ils ont, à la suite de la troisième allocution télévisée de Ben Ali, répondu favorablement à la main tendue par lui : ‘dans l’intérêt de la patrie menacée’. Jusqu’à la dernière minute, ces partis ont douté de la révolution. Jusqu’à la fuite du dictateur, aucun des chefs de ces partis n’a eu assez de courage pour se placer franchement et clairement dans le camp de la révolution. Tous, continuaient à regarder vers Ben Ali, tout en tournant le dos à la révolution ! Il n’est pas étonnant qu’ils aient offert leurs services au gouvernement de la contre révolution dès que celui-ci à pointer son nez.

En fait, tous les partis politiques reconnus par le pouvoir, dont cinq sont des appendices du RCD, et trois placés en orbite autour de celui-ci, sont restés accroché à Ben Ali. Les plus téméraires parmi eux plaçaient tous leurs espoirs dans un hypothétique ‘virage démocratique’ de Ben Ali. Aujourd’hui encore, même après la chute du dictateur, ils continuent de parler de ‘virage démocratique’ ! La révolution est un concept qu’ils ont bien gommé de leur lexique politique depuis belle lurette, et il n’est pas étonnant aujourd’hui qu’ils en oublient le sens !

Les conditions objectives étaient-elles mûres pour la révolution ?

Il ne s’agit pas ici de faire une analyse détaillée de la situation économique et sociale de la Tunisie avant la révolution, et encore moins de la situation politique. Ce n’est ni le moment, ni le lieu, d’ailleurs nous n’avons fait que cela, presque, tout au long des trente dernières années, en ce qui me concerne du moins. Il s’agit tout simplement d’essayer de donner quelques clés d’analyse. Le débat ne fait que commencer !

La Tunisie a connu, depuis son indépendance en 1956, deux régimes capitalistes : d’abord celui de Bourguiba (1956-1987), qui est une variante locale du capitalisme d’Etat, puis celui de Ben Ali (depuis 1987), capitaliste libéral. L’un comme l’autre, malgré un rythme de croissance économique moyen de l’ordre de 5%, n’ont pas permis une amélioration significative des conditions de vie des masses populaires. Seule une minorité locale en a profité, tandis qu’une partie non négligeable de cette croissance a été transféré vers le capital mondial par le biais de différents mécanismes, tels que le rapatriement des profits réalisés par les entreprises étrangères, la dette, la fuite de capitaux que pratique la bourgeoisie locale...

Le régime bourguibien, tout en restreignant fortement les libertés politiques, a mené sur le plan social une politique de régulation qui a favorisé une transformation progressiste de la société. Son originalité se situe, surtout, au niveau de la place faite à l’amélioration de la condition féminine, grâce notamment à la promulgation d’un Code du Statut Personnel (1956), l’octroi du droit de vote (1957), l’instauration du Planning familial (1964), la progression rapide de la scolarisation des jeunes filles et la féminisation de la force de travail…

Parallèlement, la société a connu d’autres transformations profondes, telles que l’urbanisation rapide du pays qui a abouti au renversement du rapport démographique ville/campagne. Cette urbanisation a été plus moins bien maitrisée grâce au fléchissement de la croissance démographique, d’une politique de l’habitat qui a favorisé, malgré certaines erreurs, l’accès à l’habitat à de larges couches de la population. Il y a lieu aussi de signaler la progression rapide de la salarisation, qui a consolidé la place de la classe ouvrière dans la société, et explique l’importance de l’UGTT dans le rapport de force social dans le pays.

Vers la fin des années 70’, ce régime a commencé à montrer des signes d’essoufflement du fait, notamment, de la dégénérescence bureaucratique de l’Etat et de l’appareil économique qu’il contrôlait, de la baisse de la rente pétrolière et des répercussions économiques et sociales fâcheuses de la lenteur de la progression du pouvoir d’achat des salariés. A cela s’ajoutait la persistance d’un fort taux de chômage.

Au début des années 80’, la situation s’est dégradée davantage sous les effets conjugués de la crise de la dette extérieure (1982), de la crise politique qui était l’aboutissement du système de la « présidence à vie » instauré en 1975, et de la mondialisation capitaliste néolibérale.

La crise sociale s’était violemment manifestée lors la révolte du pain en 1984, puis à travers l’assaut du pouvoir contre l’UGTT en 1985 qui a abouti à sa paralysie. Tandis que la crise politique s’était cristallisée autour de la question de la succession du ‘Combattant suprême’, mais aussi, par le biais du développement notable du mouvement intégriste islamique.

En pleine déconfiture, le pouvoir avait fini par opter pour un changement de cap et à adopter, à partir de 1986, un train de réformes capitalistes néolibérales, qui, à leurs tour, posaient comme préalable à leurs application, la solution de la crise de succession de Bourguiba. Ce fut la tâche première du coup d’État du 7 novembre 87.

Lors de la crise globale du régime destourien, en 1987, et contrairement à la crise actuelle, le Parti/Etat destourien a réussi à solutionner sa crise, et éviter qu’une révolution ne vienne le renverser.

Le nouveau pouvoir a hérité d’une situation économique et sociale en crise et d’un pays très éprouvé par plus de trente ans d’un pouvoir personnel appuyé sur des structures bureaucratiques qui ont étouffé la société entière. Dans sa ‘déclaration du 7 novembre’, premier communiqué aux tunisiens, Ben Ali, a promis la démocratie et le progrès social. Une majorité de tunisiens a cru à ses promesses. Par la suite, l’ancien/nouveau pouvoir n’a cessé de proclamer son ‘attachement indéfectible aux valeurs démocratiques’ et aux objectifs de justice sociale. Alors que, dans la réalité quotidienne, ces promesses ont été constamment bafouées de manière flagrante, voire insultante pour l’intelligence des tunisiens. Personne n’était dupe, et le rejet et la colère ne faisaient que s’accumuler et à se transformer en haine indescriptible du pouvoir de Ben Ali. En persévérant dans cet autisme suicidaire, ce pouvoir ne faisait que creuser, chaque jour davantage, sa propre tombe.

Sur le plan économique, il y a lieu de constater l’affermissement de l’insertion de l’économie locale dans la ‘division internationale du travail’ ; c’est-à-dire en tant qu’économie capitaliste dépendante financièrement, technologiquement et commercialement vis-à-vis du capital mondial dominant. Dans le même temps, les libertés du capital privé et des forces de marché, en général, ont été consolidées de manière décisive.

La dynamique socioéconomique qui a été impulsée à partir de 1987, dans le cadre du Programme d’ajustement structurel et, globalement, dans celui de la mondialisation capitaliste néolibérale s’est traduite par un net recul social, qui est attesté par la persistance d’un chômage important, et par son corollaire ; la précarisation de l’emploi et de manière générale, par le recul de la Tunisie dans le classement mondial du développement humain.

Au niveau politique, nous constatons le renforcement du contrôle de la bureaucratie du Parti/Etat destourien sur la société, avec une tendance très nette au rétrécissement de la marge de négociation des salariés (en tant que classe sociale), concernant les rapports de travail et le partage de la plus-value, sous le double contrôle politique de l’Etat et de son relais au sein de la classe ouvrière, la bureaucratie syndicale de l’UGTT.

L’une des manifestations les plus pernicieuses de cette tendance est la constitution de noyaux parallèles de pouvoir, cristallisés sur une base clanique, et disposant d’une marge effective de liberté vis-à-vis du pouvoir central. Ces groupes d’intérêts économiques, qui sont capables d'employer n'importe quel moyen pour atteindre leurs buts, s’apparentent, de ce fait, à des groupements à caractère mafieux.

Jugée à l’aune de la croissance économique, l’économie tunisienne apparaît comme une économie assez performante, puisqu’elle génère un taux de croissance annuel moyen de 5% depuis un demi-siècle. Cependant, la répartition des revenus entre le capital et le travail est très inégale.

Plus grave encore, cette croissance, surtout sous l’ordre capitaliste néolibéral, cache des pratiques qui nuisent aux intérêts vitaux des masses populaires ; à titre d’exemple, une partie importante de cette croissance est le résultat du bradage, voire même de l’accaparement mafieux de la majeure partie de l’appareil productif, et des pratiques des concessions qui permettent au capital étranger de recoloniser de manière directe la Tunisie, mais aussi du verrouillage des salaires et de la précarisation de la force de travail, le maintien d’un chômage important et l’extension du sous-emploi, la destruction systématique des services publiques, le ‘lâchage’ de régions entières laissées pour compte et transformées en déserts économiques et sociaux… Une croissance en trompe l’œil en fait, fruit d’un système prédateur qui pratique un pillage systématique de la Tunisie.

Au cours des deux dernières décennies, qui correspondent à la phase néolibérale, les revenus du capital se sont accrus de 75% contre une stagnation du salaire réel moyen[1], et surtout, une perte de pouvoir d’achat de plus de 10% pour les bas salaires.

En prenant les prix de 1983 comme base de calcul, nous trouvons que l’indice des prix de 1983 a été multiplié par 3,03 en 2006, tandis que ceux du salaire minimum dans l’industrie et les services (SMIG) et de celui de l’agriculture (SMAG) l’ont été respectivement par 2,4 et 2,7. Autrement dit, le niveau réel de ces deux derniers se situe[2], en 2006, à environ 15% plus bas qu’en 1983 ! Dans le même temps, le PIB réel par habitant, exprimé aussi aux prix de 1983, a été multiplié par 4,9 en 2006. Cela fait apparaître une perte assez conséquente de pouvoir d’achat, plus particulièrement, pour les 280 mille travailleurs (13% de l’ensemble des salariés) qui touchent le salaire minimum.

Nous pouvons aussi constater, à la lumière de l’évolution des prix des produits alimentaires de base suivants, l’étendue du recul du pouvoir d’achat des masses populaires tunisiennes, plus particulièrement, sous l’effet du libéralisme économique depuis 1987. En effet, le prix d’un kilo de pain a été multiplié par 3,8 ; la viande d’agneau par 4,1 ; le sucre en poudre par 3,9 ; la farine par 7,1 : les pâtes alimentaires par 3,5 ; la semoule de couscous par 5,2 et le prix d’un litre de lait pasteurisé a été multiplié par 4,2. Alors que, dans le même temps, le SMIG nominal (régime de 40h) a été multiplié par 2,6 !

Si l’on juge la croissance économique du point de vue de l’emploi, nous constatons que là aussi elle ne profite pas aux forces laborieuses. Le taux de chômage (officiel) a atteint, en 2009[3], 14,7% de la population active. Ce taux serait en léger retrait par rapport à son niveau historique de 1997 ; soit 16.8%. Ce niveau de chômage est considéré parmi les plus élevés au monde, comparé au taux de chômage moyen mondial qui est de 6% (BIT, 2009) De plus, il se maintient à ce niveau élevé depuis près d’un demi-siècle, tout en oscillant dans une fourchette comprise entre 14% et 17%.

Dans le même temps, le taux d’emploi[4] demeure assez faible ; seulement 40,3% en 2008. Autrement dit, près de six personnes sur dix, en âge de travailler, sont économiquement inactives, ce qui donne à penser que la situation de l’emploi est bien plus grave que ne l’indique le taux de chômage.

Si l’on croit les statistiques de l’emploi en Tunisie, le niveau de l’emploi est resté, à première vue, insensible au changement de politique économique et sociale de l’Etat et à l’intégration dans la zone de libre-échange euro-méditerranéenne, même si au cours de la dernière décennie le taux de chômage a reculé de 2.5 points de pourcentage, avant de repartir à la hausse, depuis la fin 2008.

En fait, la réalité est beaucoup plus nuancée :

-               D’une part, il semblerait que les mesures économiques et sociales libérales n’aient pas aggravé le niveau du chômage ‘standard’, ils n’ont pas contribué à l’améliorer non plus : lors d’une première phase (1989 et 1997) le taux de chômage a progressé de 15,9% à 16,8%, puis a suivi une seconde phase qui a enregistré une baisse du niveau du chômage à 14,1% en 2007. Actuellement, les retombées de la mauvaise conjoncture économique dans l’Union Européenne, principal partenaire économique de la Tunisie, se traduisent par une aggravation du chômage.

-               Ensuite, s’il est vrai aussi que ce taux de chômage reste plus ou moins insensible aux changements d’orientation économique et sociale. Son contenu a néanmoins beaucoup évolué, notamment en ce qui concerne le développement spectaculaire du chômage parmi les diplômés de l’université.

-               De plus, ‘l’énigme’ d’un niveau de chômage presque insensible aux restructurations néolibérales trouverait son explication dans l’aggravation de la précarité de l’emploi et l’extension phénoménale du sous-emploi qui remplit le rôle de volant de sécurité du marché du travail.

-               Enfin, il y a lieu de penser aussi que la relative stabilité du taux de chômage peut s’expliquer, en partie, par le développement spectaculaire des programmes de soutien à l’emploi dont le nombre de bénéficiaires a dépassé 200 mille en 2007 soit un taux de ‘chômage déguisé’ de 5,6%, pour un coût total de 252 MDT (fonds spéciaux du Trésors), ce qui correspond à 2,8% des recettes fiscales totales de l’Etat ou bien 17,1% des impôts directs sur les traitements et salaires. Le Fonds National pour l’Emploi a soutenu, à lui seul, environ 770 milles personnes à la recherche d’un emploi entre 2000 (date de sa création) et 2007. En somme, l’ampleur grandissante des programmes de soutien à l’emploi est en soi une preuve évidente de l’aggravation de la situation du marché du travail et de l’échec patent du libéralisme économique à résoudre la crise de l’emploi.

Mais, pour bien apprécier la situation de marché du travail, le taux de chômage, malgré son importance, reste insuffisant. Pour se faire, il nous faut bien prendre en compte le phénomène du sous-emploi (emplois informels, contrats de travail atypiques subis, travail saisonnier subi et chômeurs ‘déguisés’ ou bien ‘découragés’). Celui-ci toucherait, d’après nos calculs basés sur les statistiques de l’INS, une part relativement importante des actifs occupés, que l’on peut aisément placer au-dessus de la barre de 60% !

Enfin, en interrogeant le « Rapport mondial sur le développement humain » du Programme des Nations Unies pour le développement, à propos des performances de la Tunisie en matière de développement humain, c’est-à-dire en évaluant ses propres résultats par rapport à ceux de l’ensemble des nations du monde, nous constatons que depuis 1993, la Tunisie n’a cessé de reculer dans le classement international selon l’indice de développement humain (IDH) : de la 78ième place en 1993, elle a régressé à la 98ième en 2007. En d’autres termes, la Tunisie s’est laissé distancer, tout au long des quinze dernières années, par vingt autres nations, telle que la Turquie.

Ce recul dans le classement selon l’IDH, s’accompagne d’un creusement des inégalités sociales. Cela est illustré par le classement selon l’IDH moins le classement selon le PIB par habitant (en PPA[5]) : en 1993 le résultat était négatif de 13 places, puis moins 20 en 2000 et enfin moins 23 places en 2005.

Un autre aspect de la réalité tunisienne, sous Ben Ali, qu’il faut prendre en compte pour comprendre le pourquoi de cette révolution. Il concerne les pratiques des familles mafieuses qui ont réussi, sous la protection du pouvoir dictatorial et profitant du capitalisme libéral, à prendre le contrôle direct d’un pan entier de l’économie locale, et d’étendre leurs tentacules sur quasiment tout le reste. Ces familles, à la tête desquelles se trouvaient les Ben Ali et les Trabelsi et, bien entendu, toutes celles qui se sont rattachées à elles, notamment, par alliances matrimoniales, ont corrompu pratiquement toute l’activité économique par leurs pratiques mafieuses et ont pourri toutes les institutions de l’Etat. Ce phénomène a contribué à exacerber les sentiments de rejet et de révolte, non seulement, dans les classes populaires, mais aussi, et ça c’est aussi important, au sein même de la bourgeoisie. Ces familles, ont réussi l’exploit de liguer contre elles, toutes les classes sociales.

Enfin, il est certain que la conjoncture économique assez difficile que traverse l’économie tunisienne depuis la fin 2008, et que le pouvoir de Ben Ali s’est obstiné à minimiser, a précipité la chute du dictateur.

A notre avis, le rejet exprimé par les masses tunisiennes du régime de Ben Ali et qui a abouti à la révolution, ne peut s’expliquer uniquement par l’aggravation des conditions de vie, la paupérisation et la marginalisation de larges couches de la population, notamment dans les régions intérieures du pays. La conscience que les Tunisiens ont développé de ce régime s’est nourri de sentiments exacerbés d’injustice et d’inégalités sociales criantes et de sentiments d’humiliations et de promesses non tenues. Les promesses non tenues, la confiance trahie se sont transformées en une haine viscérale du pouvoir de Ben Ali…

Après la chute du dictateur, quelles sont les tâches immédiates de la révolution !

La journée du 14 janvier 2011 marque la fin victorieuse de la première phase de la révolution tunisienne sur le régime de Ben Ali. Malgré la fuite du dictateur, les deux questions fondamentales qui ont été porté par cette révolution ; à savoir la question sociale et la question démocratique, sont encore à l’ordre du jour.

A l’heure actuelle, la bataille se concentre autour d’une question stratégique qui est celle du démantèlement du Parti/Etat destourien, qui demeure l’obstacle politique majeur face au processus révolutionnaire. Le pouvoir agonisant de Ben Ali refuse de lâcher prise malgré sa récente défaite face à la révolution. Il est déstabilisé et affaibli, mais il manœuvre pour se maintenir en place. La contre révolution est à l’œuvre, son organe politique est l’actuel ‘gouvernement d’unité nationale’ (GUN) que préside M. Ghannouchi, l’ex premier ministre de Ben Ali, depuis 1999 et artisan de la politique capitaliste néolibérale en Tunisie.

Le mouvement révolutionnaire demeure désorganisé et sans direction politique. Les seuls mots d’ordres qui unissent ce mouvement et le guident, en même temps, sont essentiellement : ‘dissolution du gouvernement de M. Ghannouchi’, et ‘dissolution du RCD’. Bien entendu, il y d’autres mots d’ordres autour desquels il existe un très large consensus, notamment, ‘assemblée constituante’, ‘gouvernement de transition, ou bien, de salut national’…

Nous avions dit précédemment que toutes les classes sociales avaient un intérêt évident dans la chute du pouvoir de Ben Ali, ce qui signifie aussi le démantèlement du pouvoir des clans mafieux. Cette alliance objective entre les classes déshéritées et la classe capitaliste permet d’expliquer, non seulement l’une des raisons qui explique la révolution et sa victoire sur le tyran et sa clique, mais aussi qui peut nous éclairer sur les enjeux actuels.

Une fois débarrassée de Ben Ali, la bourgeoisie locale veut le rétablissement rapide de son ordre, l’ordre capitaliste néolibéral, et le maintien des structures politiques qui garantissent sa pérennité. Le GUN est l’outil politique qui vise cet objectif.

La bourgeoisie n’est pas dupe, elle sait que ce sont les masses populaires et la jeunesse qui ont fait cette révolution et que ce sont elles qui en ont payé le prix après avoir terriblement souffert sous Ben Ali. Aucun représentant de cette bourgeoisie, que ce soit les partis politiques, les syndicats des patrons ou bien certaines personnalités publiques… n’a voulu, ou bien eu le courage de soutenir ouvertement, et encore moins, de diriger le mouvement révolutionnaire. Il est donc légitime que ces masses et cette jeunesse refusent de donner le pouvoir au GUN. La bourgeoisie sait aussi qu’elle n’a aucune légitimité auprès des masses. Pour contourner cette faiblesse elle a cherché à intégrer l’UGTT dans le GUN, et dans la foulée, les chefs des trois partis de l’opposition légale.

La direction de l’UGTT (à savoir le Bureau exécutif) a répondu positivement, non sans se préparer à l’avance une porte de secours ; c’est là le sens de la recommandation faite par le bureau exécutif national du 15 janvier ‘un gouvernement sans représentants de l’ancien gouvernement’. A. Jrad (secrétaire général de l’UGTT), qui n’a jamais caché son soutien à Ben Ali, a nommé 3 ministres syndicalistes à ce gouvernement. La CAN du 21 janvier a remis l’UGTT dans le camp de la révolution en décidant non seulement la démission de ces derniers, mais aussi le retrait des ugétistes du parlement et de la chambre des conseillers, et plus encore, elle a demandé la dissolution du GUN et de celle du RCD. Cette décision importante est à mettre au compte, notamment de l’extrême gauche, très bien implantée au sein de l’UGTT.

Le retrait de l’UGTT du GUN, qui a amené dans son sillage la démission de 2 autres ministres dont M. Ben Jaffar, a affaibli ce dernier. Mais, surtout, il a boosté le mouvement révolutionnaire qui est reparti à l’assaut du GUN et du RCD. N’ayant aucune légitimité auprès des masses et de la jeunesse, les ministres de Ben Ali essayent de se cacher derrière les deux ministres de l’opposition, qui jouissent d’un capital de respect auprès des masses, pour barrer la route au mouvement révolutionnaire.

L’offensive de l’UGTT contre le GUN ne s’arrête pas là ; une nouvelle CAN s’est réunie le 21, elle a décidé d’appeler à la dissolution du GUN et de continuer la lutte, à travers les mouvements de grèves et les manifestations, jusqu’à la ‘recomposition’ du gouvernent qui sera sans ministres de Ben Ali.

Les autres partis et formations politiques, parmi lesquels le ‘Mouvement Ennahdha’ (parti islamiste) qui disposerait d’une plus grande audience populaire, s’accordent tous à ne pas accepter la présence de ministres de Ben Ali, et à vouloir une nouvelle constitution.

Les formations de la gauche révolutionnaire, notamment le Parti communiste ouvrier tunisien (PCOT) et le Parti du travail nationaliste et démocratique (PTND) qui sont les mieux structurés, ainsi que des militants de l’ex Organisation communiste révolutionnaire, et qui était membre de la 4 internationale, et d’autres formation nationalistes viennent de se constituer dans un ‘front du 14 janvier’. Ils sont très bien implanté au sein de l’UGTT, et c’est à travers ce canal qu’ils agissent sur les évènements politiques. Sinon leur enracinement parmi les masses est très faible, du fait, essentiellement de la dictature qui sévissait dans le pays.

Qu’en est-il de l’armée ? Depuis le début de la révolution, le 17 décembre, elle a su rester neutre, et on signale même, qu’à plusieurs reprises, qu’elle aurait protégé les manifestants contre la police. En fait, il n’existe pas un contentieux entre l’armée et le peuple tunisien, du moins depuis l’arrivée de Ben Ali au pouvoir. Comment réagira l’armée en cas de crise gouvernementale grave ? Difficile à dire, Ben Ali a veillé à ce qu’elle soit sous équipée et faible en effectifs. De ce fait elle aura énormément de mal, se elle venait à prendre le pouvoir, à étendre son contrôle sur l’ensemble du territoire tunisien.

Par contre, la structure qui est assez puissante et qui dispose d’un réseau national et des effectifs en nombre suffisant, est le ministère de l’intérieur. Ne l’oublions pas, c’est ce même ministère qui a servi à Ben Ali, pendant 23 ans, à quadriller et tenir dans la peur la Tunisie. Les différentes structures du ministère de l’intérieur ont l’habitude du contact avec la population, et ont une connaissance parfaite du terrain. Placé auparavant sous le contrôle direct de Ben Ali, ce ministère semble actuellement libre de toute tutelle. Il continu de faire peur, non sans raison ; il concentre toujours un potentiel répressif, en effectifs et en arsenal, assez impressionnant.

Cependant, les derniers développements semblent relativiser cette réalité. En effet, depuis trois jours, dans plusieurs villes des policiers et des gardes nationaux en tenu ou bien en civil, ont organisé des manifestations pour demander pardon au peuple tunisien, et pour crier leur colère contre l’ancien dictateur. Ce qui est intéressant à noter c’est la demande qu’ils ont clairement exprimé pour la constitution d’un syndicat qui défend leurs intérêts en tant que salariés.

Le bras de fer entre le mouvement révolutionnaire continu ; ce soir, malgré le couvre-feu et le froid, quelques centaines de manifestants ont fait le siège du bâtiment du premier ministre, pour réclamer la démission de son gouvernement. Parmi eux, des participants de la première caravane de la liberté qui est arrivée ce matin, à Tunis venant de Menzel Bouzayen. Demain, d’autres caravanes sont attendues à Tunis.

Demain aussi, suite à l’annonce de la réouverture des écoles primaires et des lycées, les deux syndicats de l’enseignement ont appelé à une grève illimité jusqu’à la démission du GUN. D’autres secteurs risquent de rejoindre le mouvement. Sachant que les transports publics de Tunis, essentiellement les bus, sont déjà en grève depuis deux jours.

Enfin, les manifestations visant les sièges du RCD continuent et la chasse aux dirigeants d’entreprises corrompus et connus pour leur appartenance à ce parti se poursuit, ainsi plusieurs Pdg et hauts cadres d’entreprises publiques, d’administrations centrales, de banques publiques, voire même privées, comme ça été le cas de la Banque de Tunis, ont été  chassés de leurs fonctions par des employés en colère.

Enfin, la situation demeure très instable, malgré les manœuvres du GUN, notamment, des deux ministres de l’ex opposition, de leur parti politique, des chaines de télévision qui font tous pression pour la fin du mouvement et le retour, et pour placer toute leur confiance dans la bonne volonté que ne cesse de proclamer les membres du GUN.

La situation évolue très rapidement sur le terrain. La détermination, du côté de la rue, de vouloir en finir avec l’ancien régime demeure très grande, mais la marge de manœuvre du GUN, malgré qu’elle ne cesse de se rétrécir de jour en jour sous les assauts de la rue, demeure importante aussi. Mais, le GUN sait que le temps joue en sa faveur.

L’issue de la bataille demeure incertaine. Elle dépendra surtout de la capacité de mobilisation et de résistance d’un mouvement révolutionnaire qui dure depuis 39 jours. Cela commence à peser pour une population déjà très éprouvée par le chômage, la pauvreté et la cherté de la vie. Seule la constitution d’un gouvernement alternatif dans les jours qui viennent, comme celui appelé par l’UGTT, peut hâter la chute du GUN et ouvrir de nouveaux horizons face au mouvement révolutionnaire tunisien.

Tunis, le 24 janvier 2011

Fathi Chamkhi

 



[1] Les salariés qui représentent, selon le recensement de 2004, 71,5% de la population active occupée.

[2]Compte tenu de la prime de transport de 5 dinars par mois, instituée en juillet 1986 pour le SMIG, et dont la valeur reste inchangée depuis.

[3] INS : « Est considéré comme chômeur toute personne âgée de 15 ans et plus n'ayant pas travaillé au cours de la semaine de référence, qui cherche un emploi et qui est disponible pour travailler au cours des deux semaines qui suivent la semaine de référence. »

[4] Exprime le rapport du nombre des actifs occupés au nombre de la population en âge de travail (15 ans et plus).

[5] Parité de pouvoir d’achat.

Publié dans DEMOCRATIE

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